JE PENSE QUE TOUT VA BIEN !

Il me reste un peu plus de cinq semaines avant le concours de Tampa, en Floride. Je n’ai réservé ni mon vol, ni mon hôtel, et je ne me suis même pas inscrit pour le concours. Pourquoi attendre si tard, me demanderez-vous. C’est ma manière de procéder. J’ai été très occupé à préparer d’autres gens pour des concours. Je fais ça pour une raison bien simple. La plupart des autres pros contre qui je me bats ont des entraîneurs ou des gourous qui évaluent leurs progrès avant une compétition. Moi, je fais tout tout seul. Je m’évalue tout seul et je prends toutes les décisions moi-même. Le problème, c’est qu’il m’arrive parfois de m’inquiéter, ce qui dans le passé m’a conduit à faire quelques erreurs fondamentales. Maintenant, avant un concours, je m’occupe l’esprit en aidant les autres. Ça m’évite de me regarder le nombril et de faire des changements inutiles. Je prépare actuellement 12 personnes, dont moi !

Je pense que ce que j’écris paraît absurde à pas mal de gens, mais croyez-moi, ça marche. Il est extrêmement difficile d’être objectif lorsque l’on suit un régime strict. Une fois, je me suis regardé dans le miroir, j’ai exécuté quelques poses et j’ai pensé que ma condition physique était plutôt bonne. Dix minutes plus tard, je me suis regardé dans le même miroir, et j’ai trouvé que j’étais abominable ! Je me suis senti déprimé et le lendemain, j’ai diminué mes calories. J’ai perdu 2 kg en une journée et me suis crée pas mal de problèmes ! C’est pour ça que j’ai décidé de m’occuper. Il le faut, si je veux éviter de commettre des erreurs stupides. C’est plus facile pour moi d’aider les autres à se préparer à un concours dans de bonnes conditions que de me préparer moi-même. Je peux être objectif avec les autres, mais pas avec moi.

À propos, je dois avouer que je suis en ce moment satisfait de ma progression. Le régime keto semble donner de bons résultats. Je vais poster des photos de Carmen Knights et de moi-même très bientôt afin que vous puissiez juger par vous-mêmes.

Ciao




MICHAEL JACKSON

J’ai grandi dans les années 70 et 80 et, en tant que petit garçon noir, j’avais trois modèles : Mohammed Ali, Michael Jackson et Bob Marley.

Dorénavant, le président des Etats-Unis est un afro-américain. Autrefois, les noirs n’avaient pas le sentiment de pouvoir se faire entendre. On voyait rarement des noirs à la télévision, sauf en rapport avec des crimes. Je ne joue pas la carte du racisme ici. Ce que je veux dire tout simplement, c’est que quand j’étais enfant, il n’y avait pas beaucoup de modèles noirs à admirer.

J’ai eu la chance de rencontrer Mohammed Ali, un jour où il est venu à mon lycée ; j’avais 16 ans. Il était extrêmement charismatique et drôle. Il avait énormément de personnalité et celle-ci semblait rejaillir sur quiconque l’approchait. Le lycée avait monté un ring de boxe dans la salle de réunion. Le grand homme en personne nous a fait une petite démonstration. Il était génial. Ensuite, il a sauté du ring, a attrapé une de nos professeures et l’a embrassée passionnément, comme s’ils se connaissaient depuis des années. Évidemment, la photo a fait la une de la plupart des journaux du lendemain. Je n’ai jamais rencontré ni même vu Bob Marley, mais je me sentais africain quand j’écoutais sa musique appelant les africains à s’unir, à combattre l’oppression et à se libérer. Le message véhiculé par sa musique nous donnait de l’espoir. On entendait sa musique partout. J’écoute toujours régulièrement ses disques et j’essaye d’expliquer à mes enfants le message derrière la musique.

Et puis il y avait Michael Jackson !

Dans les années 80 et 90, la musique de Michael Jackson et ses chorégraphies ont envahi le monde entier, à ce qu’il me semble. C’était l’époque de MTV et je me souviens l’avoir vu interpréter Billy Jean à l’occasion du 25 eme anniversaire de la Motown sur MTV. C’était incroyable ! J’avais la chair de poule partout quand il s’est mis à faire le moonwalk ! Je suis devenu un de ses plus fervents admirateurs.

Vous vous demandez peut-être pourquoi j’écris tout ça ? C’est tout simplement que je suis très triste de la disparition de Michael Jackson à un âge aussi jeune. Je dois avouer que j’ai versé une larme lorsque j’ai appris qu’il était mort.

J’ai toujours réussi à séparer Michael Jackson en tant qu’artiste de l’homme qu’il est censé être devenu. Est-il possible que ce soit simplement parce qu’il est devenu une star très jeune et qu’il n’a donc eu de véritable enfance qu’il aimait s’entourer d’enfants, ou s’agissait-il de quelque chose de plus glauque ? Quoi qu’il en soit, il a eu une énorme influence sur ma vie. Repose en paix, Michael..

Ces trois héros de ma jeunesse m’ont amené à croire que l’on peut avoir une influence positive sur le monde quels que soient sa couleur, sa religion, son sexe ou ses croyances. Même s’ils l’ignorent, ils ont influencé la vie de beaucoup de gens.




GÉNÉTIQUE OU DUR TRAVAIL

Un magazine de bodybuilding national m’a transmis un e-mail en me demandant de répondre à une question. Voici la question : «Hormis Dorian Yates (évidemment), voudriez-vous bien nommer 3 des meilleurs physiques jamais bâti en Grande-Bretagne, ainsi que les raisons de votre choix… »

J’ai envisagé cette question d’une manière totalement différente. En fait, la génétique devra jouer un rôle prépondérant dans ma réponse. Je m’explique. Lorsque Dorian Yates était M. Olympia, il se trouvait encore des gens pour le critiquer sous prétexte que sa symétrie n’était pas parfaite. Ils prétendaient qu’il avait la taille épaisse et que ses biceps n’étaient pas assez gros. J’ai tout entendu ! Le plus drôle, c’est que plus on le critiquait, plus il alignait de victoires à Olympia. Allez comprendre !

Qu’il ait eu ou non de bonnes prédispositions génétiques, Dorian Yates était un bosseur ! Il s’est tué à la tâche pour bâtir son physique. J’étais encore amateur et j’essayais d’obtenir ma carte pro à l’époque où Dorian Yates était au sommet de sa gloire, et j’ai eu une fois l’occasion d’assister à l’un de ses entraînements. C’était très instructif. Le meilleur mot pour le décrire serait sans doute « brutal ». Ce que je cherche à vous faire comprendre, c’est que les meilleurs physiques ne sont pas nécessairement l’apanage de personnes douées génétiquement. Que l’on ait ou pas des dispositions génétiques, il FAUT travailler dur.

A l’inverse, il existe des gras génétiquement très doués qui sont tellement flemmards qu’ils espèrent arriver au sommet sans fournir le moindre effort. Il y a actuellement des gens comme ça et j’en ai connu également autrefois. Je ne citerai pas de noms. Je suis sûr que l’on rencontre des gens comme ça dans tous les sports, mais particulièrement en bodybuilding. Je pense qu’à partir d’un certain niveau, la génétique ne suffit plus. Pour atteindre l’excellence, il faut travailler.

La plupart des bodybuilders se trouvent confrontés à des questions classiques. « Combien tu soulèves ? » « Tes pectoraux font combien ? » « quel diamètre font tes biceps ? » « Je n’aimerais pas te croiser dans une rue sombre ». Pour toutes ces questions, j’ai une réponse standard. Par contre, quand on me demande ce que je considère comme mon meilleur groupe musculaire, j’ai plus de mal à répondre.

Je n’ai pas de réponse. Je n’ai pas un groupe musculaire que je considère comme « le meilleur ». Je ne pense pas être très doué d’un point de vue génétique. Tout ce que j’ai maintenant, je le dois à mon travail acharné à la salle. On dit toujours que mes bras sont gros, mais j’avoue que je n’aime pas leur forme. Je considère que je ne suis pas spécialement gâté par la génétique. Je trouve que le physique que j’ai devant les yeux ne correspond pas à celui dont je rêvais et je sais que je me retirerai sans doute de la compétition sans avoir atteint cet idéal.

Ce que je veux dire, c’est ceci. Si vous aimez le bodybuilding et voulez le pratiquer, ne vous laissez pas décourager par le fait que vous ne serez jamais Arnold, Flex Wheeler ou Phil Heath. Ces gars-là ont une génétique phénoménale. Tout le monde ne peut pas leur ressembler. Ne laissez pas le fait de ne pas avoir de très bonnes dispositions génétiques vous empêcher de réaliser votre rêve de devenir bodybuilder. Travaillez dur pour développer votre physique, en fonction de vos dispositions génétiques et pour le reste, remettez-vous en aux juges. En effet, en compétition, il n’y pas que les muscles qui comptent. La condition physique joue un rôle crucial dans le choix du vainqueur. Entraînez-vous, mangez bien et je suis certain que vous réaliserez votre rêve.

Eddie Abbew




OH NON, PAS ENCORE

Lundi, j’ai commencé mon régime en vue de mon prochain concours, les championnats PBW, prévus pour les 7 et 8 août à Tampa, Floride. Je suis certes ravi d’être en assez bonne forme pour pouvoir reprendre la compétition, tout en craignant également qu’un événement imprévu ne vienne bousculer ma période de préparation, comme la dernière fois.

Ce qui me fait aussi énormément plaisir, c’est que ma partenaire d’entraînement, qui m’accompagne également dans mes déplacements, Carmen Knights, compétitrice professionnelle IFBB, a décidé de ne plus concourir en catégorie figure, mais en bodybuilding. Elle a obtenu sa carte pro suite à sa victoire aux championnats britanniques de figure en 2005. Elle a depuis participé à quelques concours figure, ses meilleurs placements étant respectivement 7eme au Grand Prix de Hollande et 10eme à celui de San Francsico. En 2007, elle a été pénalisée au New York Figure Pro à cause de sa masse musculaire trop imposante et de sa condition physique, alors qu’un magazine l’avait élue, ainsi qu’Arina Manta, comme les deux compétitrices les plus « écorchées » du concours. Après discussion, Carmen a décidé de tenter sa chance en bodybuilding pendant un an pour voir comment elle se débrouille dans cette catégorie.

La génétique a doté Carmen d’un physique naturellement esthétique, avec une taille minuscule et des deltoïdes larges. Nous nous sommes efforcés, l’année dernière, d’étoffer un peu sa masse musculaire sans sacrifier son galbe naturel. En tant qu’entraîneur, j’ai trouvé ce défi stimulant. Bâtir une telle quantité de muscle sans nuire à sa ligne fluide n’avait rien de simple. Pourtant, je suis heureux de dire que jusqu’à présent, on se débrouille pas mal. Elle a commencé son régime et son physique s’améliore de jour en jour. Je suis ravi.

Jusqu’à maintenant, je n’avais entraîné que des compétitrices figure. Carmen est la première bodybuildeuse que je prépare à un concours pro. Je DOIS absolument faire du bon boulot. Ma réputation est en jeu.

Je mettrai en ligne chaque semaine des vidéos de Carmen sur EdTv afin de vous permettre de suivre ses progrès.

La dernière fois que Carmen et moi avons suivi un régime pour la même compétition, c’était en Hollande et, comme partenaires d’entraînement, nous avons failli nous tuer ! J’ai l’impression que nous avons tous les deux beaucoup de choses à dire et nous avons donc tendance à nous disputer lorsque nous sommes au régime. Cette fois-ci, cependant, nous avons fait un pacte, parce que nous avons mutuellement besoin l’un de l’autre : nous devons un peu freiner notre nature obstinée, surtout elle, si nous voulons survivre à cette épreuve !

Dans le même sujet, j’ai décidé d’essayer le régime keto pour la première fois. Autrefois, j’ai préparé quelques clients avec cette méthode, mais je ne l’ai jamais testé sur moi. Mon métabolisme est rapide, si bien que je dois avaler 150 g de noix du Brésil à chaque repas, et même comme ça, je perds du poids ! Je vais envisager de passer en catégorie figure !

A bientôt, les amis




RÉGIME MIXEUR

Le magazine FLEX a publié un article au sujet de mes « habitudes alimentaires dégoutantes mais efficaces ». L’article était intitulé « le Roi du mixeur » et a été publié l’année dernière. Je ne me souviens plus très bien de la date de publication, mais depuis, je suis inondé d’e-mail en provenance du monde entier me demandant si cet article était vrai. Je dois vous avouer que oui.

J’ai obtenu ma carte de professionnel de l’IFBB en 1997. Au lieu de me précipiter pour disputer mon premier concours, j’ai décidé de prendre une année sabbatique et de faire en sorte d’étoffer ma masse musculaire. Je savais que je devais m’entraîner dur, manger, et bien me reposer. Mon seul problème était que je n’avais absolument aucun appétit. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai toujours faim quand il s’agit de dévorer du Kentucky Fried Chicken, mais ce n’est certainement pas l’aliment idéal pour bâtir de la masse musculaire.

Mon programme consistait à avaler 1 kg et demi de poulet, 300 g de steak maigre et 10 œufs entiers par jour. Je ne suis pas par nature un gros mangeur et je me sentais gavé devant tant de nourriture. Je mâchais chaque bouchée de blanc de poulet pendant des heures avant de l’avaler avec de l’eau. C’était abominable. Il devenait urgent de trouver un autre moyen pour consommer autant de protéines. Les glucides, généralement du riz, posaient moins de problèmes.

J’ai inventé un programme qui m’a permis de poursuivre ma carrière de bodybuilder. J’ai décidé de mixer la plus grande partie de mes protéines. Au début, je faisais griller le poulet sur un grill George Foreman, puis j’essayais de le mixer. Je découpais le poulet en petits morceaux, j’ajoutais de l’eau et je mixais le tout. Le résultat était un liquide dégoutant plein de grumeaux qui me faisait vomir lorsque j’essayais de le boire.

Ce n’était pas ma première tentative pour mixer de la nourriture. Une fois, alors que j’étais infirmier, j’avais ajouté du lait et du jus de fruits à mes sandwiches au thon, puis j’ai mixé le tout avant de le boire. Comme les sandwiches étaient mous, ils étaient faciles à mixer. Je devais appliquer la même méthode pour le poulet. Pour obtenir une consistance lisse et crémeuse, il fallait que le poulet soit mou. J’ai donc mis le poulet dans un plat à four que j’ai recouvert de papier d’aluminium et j’ai fait cuire au four. J’ai ensuite attendu que ça refroidisse, j’ai découpé en morceaux, j’ai mixé avec de l’eau, et j’ai été étonné du résultat. La consistance rappelait celle d’un shake protéiné un peu épais, et si on ne tient pas compte de l’odeur, c’est excellent.

Presque tous mes amis mixent leur poulet à présent. Je mixe aussi mon steak mais je ne pense pas que beaucoup de gens se risqueront à m’imiter. Ça n’est vraiment pas terrible !




POURQUOI

Il y a peu de temps, j’ai commencé à entraîner un garçon de 18 ans. Il est bourré d’enthousiasme et ne demande qu’à apprendre. Son objectif, m’a-t-il confié, est de ressembler à Bruce Lee dans un an. Je lui ai dit qu’il lui serait peut-être difficile de ressembler à la star des films d’arts martiaux. Tout d’abord, il mesure 30 cm de plus que Bruce Lee, et il n’a pas du tout le même morphotype.

J’étais intrigué par ce désir de modifier son apparence, et je lui ai demandé pourquoi. Il semble qu’il ait été gravement harcelé à l’école et qu’il ait toujours rêvé de ressembler à son idole Bruce Lee, et de posséder son talent pour les arts martiaux. Il étudie les arts martiaux depuis deux ans et maintenant, il a l’intention, avec mon aide, d’avoir la même apparence physique que lui. Le fait que M. Lee soit mort depuis des lustres ne fait pour lui aucune différence.

« Je parie que personne ne vous cherche des noises, non ? », m’a-t-il demandé. « Pourquoi vous avez commencé la musculation ? Vous vous faisiez aussi embêter à l’école ? »

J’ai dû réfléchir à la question environ 30 minutes avant d’être capable de lui répondre. J’ai décidé d’être totalement honnête envers lui. Je ne me suis jamais fait harceler à l’école. J’étais bien trop grand pour ça. C’était également la politique de l’école que je fréquentais de mettre à la porte tout élève accusé de harcèlement. Personne ne m’a jamais envoyé de sable à la figure.

J’ai été interne depuis l’âge de 14 ans et je ne suis rentré chez moi, au Gana qu’une seule fois en raison de la situation politique instable qui régnait dans le pays à cette époque. Je consacrais la plus grande partie de mes vacances à faire du bénévolat dans le service comptable d’un hôpital. À part ça et des parties de ping-pong avec d’autres garçons qui n’avaient pas la chance de partir en vacances, je n’avais rien d’autre à faire.

Je regagnais mon école après avoir été boire de l’alcool avec des amis, ce qui est illégal, lorsque j’ai remarqué des poids et haltères dans le jardin d’un de mes professeurs. C’était mon prof d’art dramatique, un Australien dont les coups de colère pendant les répétitions étaient célèbres dès que quelque chose ne se déroulait pas comme prévu. M. Wilson était rentré en Australie pour les vacances, et il aurait donc été dommage pour moi de ne pas me glisser dans son jardin pour essayer son matériel. Le seul exercice de musculation que je connaissais était le curl concentré avec haltères et c’est ce que j’ai fait. Je suis revenu tous les jours, juste pour faire 10 séries de curl concentré. J’adorais la sensation, la congestion comme je l’ai découvert plus tard. C’était en 1980 !

Quand l’école a repris, mes biceps avaient déjà pas mal grossi. C’était le grand sujet de discussion. « Vous avez vu les bras d’Abbew ? » Je n’ai pas honte de dire que j’adorais être le centre de l’attention ! Tous les autres élèves voulaient savoir comment j’avais fait. J’ai gagné de l’argent : les autres gamins me payaient pour que je les entraîne ! J’ai dû rapidement trouver d’autres exercices à ajouter à mon programme. Du développé avec haltères et des écartés, du kicback et du développé épaules avec haltères. C’est depuis ce jour que je suis entraîneur personnel. Ça fait presque 30 ans !

Après tout ce que vous venez de lire, je peux finalement répondre que j’ai commencé la musculation par hasard mais que j’ai continué en raison de l’attention que j’ai reçue. C’était ma première raison. Ensuite, j’ai quitté l’école pour entrer dans une école d’infirmiers. C’était une période formidable. Il y avait surtout des filles, et c’était la règle de faire la fête. J’ai cessé de m’entraîner pendant trois ans. J’ai perdu beaucoup de poids. Le pire, ça a été le jour où une fille m’a dit que j’avais des jambes comme des baguettes. J’ai été horriblement vexé. Je pense que je pesais 64 kg. Le lendemain, j’ai foncé dans un magasin de sport et j’ai acheté des haltères. J’ai commencé à m’entraîner le jour suivant et je me suis promis de doubler mon poids de corps en cinq ans. Il m’a fallu quatre ans seulement ! À cause de mon métabolisme ultra rapide, j’ai toujours du mal à prendre du poids. Je peux perdre 2 kg en un week-end !

Même si vous jugez que la raison pour laquelle vous commencez la musculation est ridicule, souvenez-vous que rien n’arrive jamais par hasard. C’est ce que je crois. Quelles que soient les choses que j’ai accomplies dans ma vie, j’avais envie d’aller à la salle. Peut-être est-ce que parce que dès mon plus jeune âge je suis devenu accro à la congestion. Je ne le saurai jamais, mais pas une seule minute je ne regrette ma décision de devenir bodybuilder.




ENFIN TIRÉ D’AFFAIRE

Aujourd’hui, mon amie Margaret, l’infirmière qui s’occupe tous les jours de changer mon pansement, m’a dit que la plaie était complètement refermée ! Je dois dire que je suis carrément ravi, même si je suis malgré tout un peu inquiet. Cela fait si longtemps que j’ai cette plaie dans mon corps qu’elle fait en quelque sorte partie de moi. Pendant des semaines, je n’ai pensé qu’à ça. Bizarrement, ça me gêne. Je devais toujours faire attention à ne pas me cogner contre les équipements à la salle. Ça m’est arrivé une fois et la blessure a saigné. C’était très douloureux.

Brandon, mon fils de 13 ans, trouvait très drôle de donner des coups sur la plaie à chaque fois qu’il passait à côté de moi. En général, il me fait rire, mais pas cette fois-ci. Je l’ai menacé de raser ses dreadlocks pendant la nuit s’il recommençait.

Je retourne à la salle avec un tout nouveau programme. Je m’entraîne avec autant d’intensité qu’avant ma blessure. J’ai l’intention de disputer des compétitions plus tard dans l’année, mais je vous mettrais au courant quand la date approchera. Pour l’instant, je veux que cela reste un secret. Je suis superstitieux, voyez-vous. La dernière fois que j’ai fait part de mes intentions de concourir à Melbourne, je me suis blessé et je me suis retrouvé avec une énorme plaie dans le dos. J’ai retenu la leçon. J’espère que tout se passera comme je le souhaite.

À bientôt pour de prochaines nouvelles

Ciao.



EN VOIE DE GUÉRISON

Bonjour à tous, je suis devant mon PC, je viens de regarder Les Experts et je suis dégouté. Je ne savais pas que Grissom quittait la série !!! Pourquoi est-ce que personne ne m’a rien dit ? C’est mon personnage préféré. Ce gars, c’est mon héro ! Il sait tout. Les Experts ne seront plus jamais pareils sans lui.

Plus tôt dans la soirée, l’infirmière est venue refaire mon pansement et je suis ravi de dire qu’elle pense que la blessure cicatrise bien. Je suis drôlement content d’entendre ça. J’ai eu des démangeaisons presque toute la journée et, selon, elle, c’est le signe que ça cicatrise. Croisons les doigts. Hourrah !

Je pensais que regarder mes partenaires d’entraînement et les aider à faire leur séance serait frustrant. Et bien pas du tout ! Je pensais que je resterais à la maison à m’apitoyer sur mon sort parce que je ne pouvais pas m’entraîner. Au début, je ne suis pas allé à la salle pendant quelques jours, puis j’ai pensé que ce serait mieux pour moi de poursuivre mon programme d’entraînement habituel ; simplement, au lieu de m’entraîner, j’aiderais mes partenaires à travailler. Je suis très heureux d’avoir fait ça. En fait, je suis assez content d’avoir quelques semaines de repos. Je pense que ça va me faire beaucoup de bien. Je n’ai même pas le droit de soulever un disque de 5 kg du bras gauche et jusque là, c’est ça qui a été le plus difficile. Mes partenaires d’entraînement se sont montrés très vigilants, me rappelant constamment à l’ordre dès que je voulais soulever quelque chose.

Quoi qu’il en soit, cette blessure m’a permis de découvrir quelque chose concernant les autres hommes. Peut-être est-ce une caractéristique des Anglais ? En tout cas, j’ai dû éviter quelques tapes sur l’épaule qui, si je n’avais pas été assez rapide, auraient pu causer de sacrés dégâts. Au lieu de me serrer la main pour dire bonjour, plein de gars me donnent une tape dans le dos ou sur l’épaule. Je n’avais jamais remarqué que l’on me donnait si souvent des claques dans le dos à la salle. En fait, une des mes connaissances est même allé plus loin hier et m’a volontairement foncé dedans, menaçant de me renverser, tout ça parce qu’il ne m’avait pas vu depuis quelques jours ! Je crois que c’est la première fois de ma vie que je bougeais aussi vite ! Je suis sûr que si je ne m’étais pas écarté, il m’aurait projeté à l’autre bout de la salle et aurait rouvert ma blessure. Elle cicatrise correctement, et c’est le PRINCIPAL !

La paix soit avec vous ! Au lit, maintenant.




MA BLESSURE

Bonjour à tous, me revoilà ! Cela fait quelques jours que je n’ai rien posté sur mon blog. En fait, je n’ai même pas pu me connecter du tout pendant plus de quatre jours ! Quelle torture ! J’ai du déclarer forfait pour le Grand Prix d’Australie à Melbourne ! Ce qui m’est arrivé ces derniers jours m’a fait sérieusement remettre en cause ma philosophie de la vie en général.

Tout a commencé au moment où j’ai ressenti une violente douleur du côté gauche (sous mon aisselle gauche) alors que j’effectuais une séance pour le dos. Je sentais une gêne, mais j’ai réussi à poursuivre et à finir la séance. J’avais déjà eu ce genre de douleurs en d’autres occasions et ça ne me semblait pas extraordinaire. Ma séance suivante était consacrée aux ischios et aux pectoraux. Je sentais une légère douleur sous l’aisselle gauche mais rien d’insupportable.

Je me suis installé sur l’appareil à tirage vertical, mon équipement préféré, et je me suis mis à aligner des reps comme je le fais à chaque séance pour le dos. Ce n’était que la série d’échauffement. J’ai descendu la barre, puis je l’ai remontée afin de réaliser la phase négative du mouvement. J’ai crié et j’ai lâché la barre, tandis que j’avais l’impression que l’on venait littéralement de me transpercer d’un coup de couteau, exactement à l’endroit où j’avais ressenti cette douleur quelques jours auparavant. Mes partenaires d’entraînement m’ont dit le bruit évoquait celui que fait la viande quand on l’arrache d’un os. C’était de très mauvais augure. J’ai foncé à l’accueil et j’ai appliqué un bloc de glace. J’avais vaguement idée de ce qui avait pu se passer. J’avais une déchirure musculaire. Je n’osais pas regarder. La douleur était insupportable. Je ne pouvais pas conduire pour rentrer chez moi.

Le lendemain, je me suis rendu à l’hôpital, où l’on m’a confirmé que j’avais une déchirure musculaire du muscle dorsal. Le muscle devait être réparé immédiatement, mais selon les critères du système de sécurité sociale britannique, ce n’était pas une urgence. Je devrais donc attendre. Ce n’est pas le genre de choses à dire à un bodybuilder pro ! Si j’attendais, les tissus musculaires cicatriseraient avant d’être à nouveau reliés, ce qui détruirait la symétrie de mon physique. Il n’y avait qu’une chose à faire : m’adresser à une clinique privée.

Un bon ami à moi est aussi ami avec un grand chirurgien anglais. Il l’a contacté de ma part et ce dernier a accepté de m’opérer le lendemain. D’un côté, j’étais content parce que j’allais être « réparé », mais en même temps, je n’avais jamais subi d’opérations, et je ressentais une certaine appréhension.

On m’a tendu un peignoir, que l’on m’a demandé de passer. Carmen Knight, une pro IFBB qui est aussi ma partenaire d’entraînement, m’avait conduit à l’hôpital. Je pense qu’elle était choquée de voir à quel point j’étais tétanisé ! On m’a demandé de m’allonger sur un chariot et on m’a emmené chez l’anesthésiste. La prochaine chose dont je me souviens, c’est une infirmière me proposant un verre d’eau. C’était fini, ou du moins c’est ce que je pensais !

Nous sommes rentrés à la maison. J’ai demandé au chirurgien si je pourrais faire cette compet’ en Australie le 14 mars. Il m’a dit qu’il ne voyait aucune raison qui puisse m’en empêcher. Je devais juste faire attention. Peut-être que je n’avais pas la même notion de ce qu’est « faire attention ». J’étais en train de préparer ma dernière boisson protéinée avant d’aller me coucher. J’ai tendu le bras gauche pour attraper mon shaker dans le placard de la cuisine, oubliant momentanément que je venais de subir une opération en début de journée. J’ai ressenti à nouveau une violente douleur, tandis que du sang dégoulinait de mon bras gauche. J’avais arraché les points de suture ! La douleur n’était pas aussi vive que la première fois parce que je prenais des antalgiques, mais le saignement ne semblait pas vouloir s’arrêter ! J’ai dû retourner à l’hôpital au milieu de la nuit afin de faire recoudre la blessure. Cette fois-ci, le chirurgien m’a affirmé que je n’avais AUCUNE chance d’aller en Australie. J’étais terriblement déçu, mais on m’a confirmé que, mis à part la compétition elle-même, faire 26 heures d’avion pour se rendre en Australie n’était peut-être pas une bonne idée pour quelqu’un qui ne sait pas ce que veut dire « faire attention » !

J’ai donc dû à contrecœur me retirer du grand prix d’Australie et faire passer ma santé en priorité. J’essaye de « faire attention » et je dois dire que jusqu’à présent, je me débrouille pas mal. C’est quand même très frustrant. Mon bras gauche va bien, mais je ne peux pas m’en servir correctement.

J’ai dû interrompre mon régime et me remettre à une alimentation « normale » et me supplémenter correctement afin d’être sûr de pouvoir être guéri à temps pour l’Europa. S’il vous plait, n’oubliez pas de prier pour Eddie Abbew.

Merci




Les écarts de régime hebdomadaires, c’est fini !

Une des choses que j’attends avec le plus d’impatience au cours des périodes de précompétition, ce sont mes écarts de régime hebdomadaires. Je pense que je vous en ai déjà parlé. En général, j’emmène toute ma famille dans un restaurant chinois avec un buffet : on paye une certaine somme, puis on peut manger tout ce qui est proposé dans le buffet. On fait souvent ça le samedi après-midi. Les gosses adorent.

Le supplice commence trois semaines avant un concours, parce que c’est là que je dois cesser mes entorses au régime. Je ne vous dis à quel point c’est difficile à vivre ! ET JE VIENS D’ARRÊTER !

Ce week-end a été dur. Ce n’est pas parce que je n’ai plus droit à mes « écarts de régime » que mes enfants ont laissé tomber leur repas du samedi soir. J’ai décidé d’être fort. J’ai emballé mes 250 g de saumon et mes 40 g de riz basmati et je suis allé au restaurant avec ma famille. Je pense que le mot torture n’est pas trop fort pour décrire la situation. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, j’ai beaucoup de volonté et je suis très discipliné ; pourtant au bout de 10 minutes, j’ai été obligé de quitter le restaurant et de m’asseoir sur le trottoir pour avaler mon repas de régime. Mes gosses ont trouvé ça super marrant.

Mon fils de 13 ans, Brandon, a pensé qu’il était de son devoir de venir de temps en temps s’asseoir à côté de moi pendant que je mangeais, en général avec dans la main un plat qu’il sait pertinemment que j’adore. C’est un marrant ! Je vais trouver un moyen de me venger quand j’aurai fini mon régime.

J’oubliais : je me suis offert une boîte de coca light avec mon saumon et mon riz ! Super ! Maintenant, c’est l’heure d’avaler mes 60 g de noix du Brésil avant d’aller au lit. Je dois être debout à 6 h pour ma séance de cardio. Sacré veinard !

À très bientôt




Une séance avec Hot Blood

Aujourd’hui, mon partenaire d’entraînement et moi-même avons décidé de matraquer nos quadriceps à coups de trois séries de 50 reps de hack squat, suivies de trois séries de fentes, avant de finir par le leg extension

Nous faisons cette séance une fois toutes les six semaines. Le programme est différent de notre programme habituel et n’est également jamais le même à chaque fois. La dernière fois que nous avons fait une « séance choc » pour les quadriceps, nous avions fait six séries de 30 reps de leg extension, en superset avec des fentes.

Comme je suis en moment sur le point de disputer une compétition, j’ai décidé d’être malin et de prendre deux sachets (40 g) de Hot Blood avant la séance ! Malin ? Je me suis entraîné comme un cheval ! J’étais impatient que mes partenaires d’entraînement aient fini leurs séries le plus rapidement possible pour pouvoir me précipiter et faire ma propre série. Je me sentais en super forme et lorsque nous avons eu terminé la séance, j’ai suggéré d’ajouter du squat sumo à la barre guidée.

Comme j’étais le seul à en avoir envie, nous n’avons finalement pas effectué cet exercice. Je me sentais en super forme ! J’aurais pu faire la même séance une deuxième fois. J’avais l’impression d’être Superman ! Tout était génial




Les dossiers d’Eddie Abbew

Je viens de m’inscrire pour le grand prix d’Australie qui aura lieu à Melbourne le 14 mars. Le week-end dernier, je ne savais même pas si j’allais participer. Comment faire quand on attrape la grippe 4 semaines avant un concours ? Je n’avais jamais connu ça. Même si je me supplémente correctement en période de précompétition et que je veille à ce que mon système immunitaire fonctionne correctement, quand on vit avec de jeunes enfants, on n’est jamais sûr des virus qu’ils sont susceptibles de ramener à la maison.

Le vendredi est généralement le jour le plus dur dans mon planning d’entraînement. C’est le jour des pectoraux et des ischios. Après la séance, je me sentais lessivé. C’est normal le vendredi, mais ce vendredi-là, j’étais carrément au bout du rouleau. J’ai quand même fait mon heure de cardio le soir, mais je commençais à avoir des frissons et j’avais très froid en arrivant à la maison. Il fait généralement très chaud chez moi : je savais donc qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. J’avais de la fièvre.

En temps normal, j’aurais pris des médicaments contre la grippe et je serais allé me coucher. Mais là, je savais que je devais avaler tous mes repas avant d’aller au lit, sous peine de me sentir encore pire le lendemain matin. Je n’avais aucun appétit alors je me suis fait un shake à base de 100% Whey Protein, auquel j’ai ajouté deux mesures de Vitargo: ça m’a servi de repas. J’ai remplacé presque tous les repas du samedi et du dimanche par cette boisson. J’ai veillé tout particulièrement à augmenter mon apport en vitamine C et en zinc. J’ai été étonné de me sentir assez bien pour effectuer une médiocre séance d’entraînement le lundi matin et j’étais surpris d’avoir retrouvé mon appétit ! Dorénavant, je suis content de pouvoir dire que je me sens bien et que j’ai repris mon entraînement. Merci mon Dieu !

Eddie Abbew